🚗📊 Novembre 2025
Bonjour à toutes et tous 🏎️
J’espère que vous allez bien et que la semaine fut bonne !
Chaque dimanche dans le Brief Automobile, je creuse un sujet du marché et je vous partage les informations les plus importantes de la semaine.
Aujourd’hui, on fait le point sur le marché français en novembre 2025 après la publication des données de AAA… et surtout sur le vrai impact du leasing social, entre coup de boost statistique et questions pour la suite.
Ce que vous allez apprendre dans cette édition
📉 Pourquoi 2025 restera une année atone malgré le rebond de l’électrique.
💶 Ce que le leasing social a vraiment changé (et ce qu’il n’a pas réglé).
⚡️ Comment novembre 2025 peut afficher un record électrique dans un marché sous perfusion.
📆 Ce qu’on peut encore attendre de décembre, du bilan 2025… et à quoi ressemble 2026 sans leasing social.
⏱️ Temps de lecture : 11 min

2025 : un marché toujours bas, porté par l’occasion et un parc qui vieillit
Sur les onze premiers mois de 2025, le marché VP neuf recule d’environ 4,9 % par rapport à 2024, autour de 1,46 million d’immatriculations. Sauf miracle en décembre, l’année se terminera sous les 1,6 million, loin des 1,72 million de 2024… et à des années-lumière des 2,2 millions de 2019. Après le rebond de 2023, on est clairement revenu sur un plateau bas.
Les raisons sont assez classiques : contexte économique morose, confiance des ménages abîmée, prix moyens des voitures au plafond et taux d’intérêt qui restent élevés. AAA Data résume bien l’ambiance : attentisme des acheteurs + voitures trop chères = marché grippé.
Pendant ce temps, l’occasion continue de tourner à plein régime. Près de 3 achats sur 4 se font en VO, avec environ 500 000 transactions par mois et un total de 4,94 millions sur 11 mois (+0,4 % vs 2024). Plus de la moitié concerne des voitures de plus de 10 ans. Résultat : un parc qui dépasse 11 ans d’âge moyen, avec encore beaucoup de diesels et d’essence Crit’Air 3 et plus en circulation. Sur le plan environnemental et sécuritaire, on repassera…
Leasing social : promesse, coup de boost… et succès en demi-teinte
Le leasing social, c’était la grande promesse politique : rendre la voiture électrique accessible aux ménages modestes avec des loyers autour de 100 €/mois. Annoncé en fanfare dès 2023, il n’a réellement démarré que le 30 septembre 2025, avec une enveloppe de 50 000 contrats financés par les certificats d’économie d’énergie et des critères d’accès assez stricts.
Sur le papier, l’objectif était double : démocratiser l’EV et sauver la fin d’année. Le démarrage a été impressionnant : un mois après l’ouverture, 41 500 dossiers acceptés, Renault très offensif avec 8 modèles éligibles et une R5 E-Tech qui rafle à elle seule 10 000 contrats (près d’un quart des dossiers). Citroën est aussi venu se positionner avec sa ë-C3 à moins de 100 €/mois dans certaines offres.
Dans les chiffres, l’effet sur les ventes (d’électriques) est réel. En octobre, les immatriculations d’électriques bondissent de +63 % pour atteindre 24 % du marché. En novembre, le VE atteint un record à 25,8 % de part (34 293 unités, +47,5 % sur un an), et les particuliers en profitent pour accéder à des mensualités souvent inférieures à 150 €.
Mais le soufflé est vite retombé. Fin novembre, seulement 44 000 dossiers avaient été souscrits sur 50 000. Après l’euphorie du lancement, la dynamique se grippe : conditions d’accès serrées, loyers parfois plus élevés qu’attendu (souvent entre 100 et 150 €), contraintes d’usage pour certains ménages (autonomie, recharge, ruralité…). Même très subventionnée, l’électrique ne coche pas toutes les cases pour tout le monde, et les banques n’acceptent finalement pas autant de dossiers que l’État.
En bilan, le leasing social a légèrement sauvé la fin d’année sur le plan statistique, mais sans renverser la tendance globale : 2025 reste une année en repli, avec une part d’EV autour de 19 % depuis le début de l’année, “loin des objectifs espérés” selon la PFA. Et surtout, il pose une question centrale : que se passe-t-il quand on coupe la perfusion ?
Novembre 2025 en détails : record pour l’électrique, marché sous perfusion
Novembre 2025, c’est un peu la photo parfaite d’un marché qui tient… mais à l’aide de béquilles. 132 927 VP neuves sont immatriculées, soit –0,3 % seulement par rapport à novembre 2024. Sur le papier, ça a l’air stable. En réalité, c’est encore 23 % de moins que novembre 2019. Et sans leasing social ni ventes tactiques, on ne serait pas du tout au même niveau.
Côté motorisations, le basculement est spectaculaire. Plus d’une voiture sur quatre vendue est 100 % électrique (25,8 % de part), et si on ajoute les hybrides de tous types, près des trois quarts des ventes sont électrifiées. Les thermiques purs, eux, se réduisent à la portion congrue : 17,6 % du marché pour l’essence (–30 % sur un an), 5,3 % pour le diesel (–20 %). Les HEV sont stables autour de 19 %, les micro-hybrides montent à 21 %, les PHEV plongent à 7 % avec la fin des superbonus et le durcissement côté flottes.
Les canaux de vente, eux, ne mentent pas. Hors leasing social, le canal particuliers est en baisse de 3 % à 64 415 immatriculations. Les entreprises et administrations reculent de 14 %, la LLD de 4 %. Seuls les électriques progressent dans les flottes (31,7 % des immatriculations BtoB en EV, +77,9 %), sous l’effet des quotas réglementaires et de la fiscalité avantageuse. Pour tenir les volumes, les constructeurs actionnent les leviers habituels : +53 % de ventes aux loueurs courte durée, +11 % de véhicules de démonstration. Autrement dit, une part non négligeable du marché de novembre, ce sont des voitures pré-immatriculées qui iront très vite alimenter l’occasion récente.
Vu de loin, novembre raconte une histoire simple : l’électrique explose, le thermique s’effondre. Vu de près, il raconte surtout un marché sous perfusion d’aides publiques et de ventes tactiques.
Décembre, bilan 2025 et perspectives : sortie de perfusion ou trou d’air ?
Décembre 2025 ne devrait pas rejouer le scénario de décembre 2024. L’an dernier, le mois avait été dopé par la peur de perdre le bonus plein et par le durcissement du malus au 1er janvier. Cette année, pas de coup de massue réglementaire annoncé au 1er janvier 2026 : le bonus a déjà été recalibré en milieu d’année, la prime à la conversion a disparu, et le malus 2026 ne devrait faire qu’ajuster à la marge les seuils et la taxe au poids.
Le vrai sujet de fin d’année, c’est plutôt le bouclage du leasing social et l’espoir de nouvelles annonces des institutions. Sur les 6 000 dossiers encore disponibles fin novembre, une partie sera sans doute remplie via des campagnes “dernière chance” en concession. Si les livraisons suivent, la part de marché de l’électrique pourrait une nouvelle fois être importante en décembre. Attendons également de voir les nouvelles annonces de la Commission Européenne le 10 décembre prochain pour savoir si les français gagneront davantage confiance en l’électrique.
Au global, 2025 devrait se finir autour de 1,6 - 1,62 million d’unités, soit environ -5 % vs 2024 et la 3e plus mauvaise année depuis les années 70, derrière 2020 et 2022. Sur le plan du mix, la bascule est réelle : essence + diesel devraient tomber aux alentours de 35 % du marché, les électriques approcher 18–19 %, les hybrides toutes catégories frôler 50 %. La France se rapproche de sa trajectoire climat… mais reste très loin des 66 % d’EV visés en 2030.
La suite dépendra de trois variables clés :
- la capacité des constructeurs à proposer des EV vraiment abordables sans soutien massif,
- les arbitrages budgétaires de l’État sur bonus/malus et dispositifs type crédit à taux zéro, ZFE, etc,
- les annonces de la Commission Européenne sur le cap 2035,
- le moral des ménages et des entreprises dans un contexte économique encore fragile.
Dit autrement : 2025 montre qu’avec beaucoup d’aides, la transition peut aller très vite sur le neuf… mais aussi à quel point elle reste fragile tant que l’électrique n’est pas désirable et accessible par lui-même. 2026 dira si le marché français est capable de tenir le cap sans échouer sur la plage dès que la marée des subventions redescend.
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On se retrouve le week-end prochain pour une nouvelle édition.
Fabio Dessi
D’abord passé par Volkswagen avant d’avoir créé ma propre startup dans la tech, je suis aujourd’hui responsable marketing de ProovStation, qui crée des solutions d’intelligence artificielle dédiées à l’automobile.
En parallèle, je partage chaque semaine un regard frais sur le monde de l’automobile d’aujourd’hui via cette newsletter, et au quotidien sur LinkedIn.
Mes propos n’impliquent que moi et ne sont rédigés au nom d’aucune des sociétés citées précédemment !