đđ Ferrari
Bonjour tout le monde !
JâespĂšre que vous allez bien et que vous avez passĂ© une belle semaine. đ
Bienvenue dans cette nouvelle édition du Brief Automobile, en espérant que la derniÚre vous ait plu !
Aujourdâhui, jâĂ©cris au sujet dâune marque qui me passionne (et je ne suis pas le seul) : Ferrari. Ă lâheure oĂč les constructeurs se battent pour prĂ©server leurs marges, comment est-ce que Ferrari maintient sa position de marque la plus rentable de lâindustrie automobile ?
Temps de lecture : 7 min
Ferrari, lâexception rentable

Ă Maranello, il y a une atmosphĂšre quâon reconnaĂźt tout de suite : des carrosseries rouges, des sonoritĂ©s mythiques qui prennent vie, un cheval cabrĂ© qui dit dĂ©jĂ beaucoup. On peut dĂ©battre de technique ou de marchĂ©s, mais lâattachement Ă la marque est rĂ©el. Une Ferrari, câest une Ferrari.
Et en dessous de ces belles carrosseries, se trouvent des résultats tout aussi vibrants.
Dans un univers oĂč beaucoup tournent Ă une marge Ă un chiffre, Ferrari Ă©volue avec une marge dâexploitation autour de 28â31 % et une marge EBITDA proche de 38 %. Les volumes restent volontairement contenus : 13 663 livraisons en 2023, ~13 700 en 2024. La raretĂ© nâest pas une contrainte : câest un choix de pilotage.
Mais alors, quâest-ce qui entraĂźne de tels rĂ©sultats ?
Les leviers du modĂšle
- RaretĂ© organisĂ©e. La production est calibrĂ©e pour rester lĂ©gĂšrement sous la demande. RĂ©sultat : carnet plein, exclusivitĂ© prĂ©servĂ©e, prix soutenus. TrĂšs concrĂštement : mĂȘme si vous aviez lâargent, il se pourrait que Ferrari refuse de vous vendre une de ses voitures si vous nâen avez pas dĂ©jĂ deux autres dans votre garage.
- Mix produit sĂ©lectif. Les sĂ©ries spĂ©ciales et hyper exclusives (Icona, one-off) tirent le prix moyen et renforcent la fidĂ©litĂ© des collectionneurs. Le cĆur nâest pas le volume, mais la valeur par unitĂ©.
- Personnalisation comme pilier. Le sur-mesure (Tailor Made, options spĂ©cifiques, one-off) pĂšse dĂ©sormais proche dâun cinquiĂšme du chiffre dâaffaires. Ce nâest plus une âoptionâ : câest une ligne de revenus structurante avec des marges Ă©levĂ©es.
- Discipline industrielle et financiĂšre. Un site, des Ă©quipes concentrĂ©es, des investissements ciblĂ©s : lâoutil est dimensionnĂ© pour lâexclusivitĂ©, pas pour lâĂ©chelle. La qualitĂ© du revenu prime sur la quantitĂ©.

Pourquoi la valorisation dépasse celle des groupes de volume
Le marchĂ© ne rĂ©munĂšre pas des unitĂ©s produites, il rĂ©munĂšre un modĂšle : marges hautes, pouvoir de prix, visibilitĂ©, marque iconique. Ă lâarrivĂ©e, chaque Ferrari âvautâ bien plus en capitalisation par voiture quâun modĂšle de grande sĂ©rie. Les multiples se rapprochent du luxe, car la marque vend autant un statut quâun produit - avec une offre volontairement sous-tendue.
Rentabilité élevée, électrification maßtrisée
Ferrari avance Ă son propre rythme : 2030 = ~40 % thermiques, ~40 % hybrides, ~20 % Ă©lectriques (un objectif rĂ©cemment revu Ă la baisse, initialement 40%). Lâindustriel internalise des briques clĂ©s (e-axles, onduleurs, packs hybrides) dans un nouvel bĂątiment Ă Maranello.
Lâobjectif est clair : intĂ©grer lâĂ©lectrique sans diluer lâADN (sensations, sonoritĂ©, exclusivitĂ©) et sans courir aprĂšs des volumes qui abĂźmeraient la dĂ©sirabilitĂ© et les marges. CĂŽtĂ© marchĂ©s, la trajectoire reste croissance rentable, avec un profil de risque trĂšs diffĂ©rent des acteurs de volume.

RepĂšres comparatifs
- Porsche AG : >300 000 vĂ©hicules/an, pĂ©rimĂštre plus large (SUV), multiples plus bas. Ferrari, avec ~20Ă moins de volume, capte une prime dâexclusivitĂ© (pricing power + raretĂ©).
- Lamborghini/Aston Martin : dĂ©sirabilitĂ© forte, rentabilitĂ© en hausse, mais pas la mĂȘme Ă©chelle de marge, ni la mĂȘme profondeur de personnalisation, ni la mĂȘme indĂ©pendance boursiĂšre perçue.

Le facteur irrationnel : lâaura Ferrari
Il reste une part qui ne se met pas en tableur. âUne Ferrari, câest une Ferrari.â
Enzo Ferrari disait : âDonnez une feuille de papier Ă un enfant, des crayons de couleur et demandez-lui de dessiner une voiture, il est fort probable quâil la colorie en rougeâ. Ce rĂ©flexe raconte tout : une lignĂ©e de voitures qui font battre le cĆur (250 GTO, F40, Daytona, EnzoâŠ), des sons qui restent en mĂ©moire, des couleurs qui ont un nom.
Cette symbolique prĂ©cĂšde la fiche technique et survit aux tendances. Câest ce capital Ă©motionnel - patiemment entretenu par la raretĂ©, la course, la personnalisation - qui explique pourquoi la marque traverse les cycles sans perdre son pouvoir dâattraction. Le reste du modĂšle sâaligne autour de ça.
Le mot de la fin
Ferrari montre quâon peut crĂ©er plus de valeur en vendant moins, si lâon vend mieux. RaretĂ© contrĂŽlĂ©e, personnalisation industrialisĂ©e, mix produit chirurgical, tempo technologique maĂźtrisĂ© : lâentreprise traite lâautomobile comme un luxe durable. Tout nâest pas transposable, mais la mĂ©thode est lisible : piloter la tension offre/demande, investir dans lâatelier client, viser la qualitĂ© du revenu plus que le volume. Câest cette cohĂ©rence, rationnelle et Ă©motionnelle, qui explique des marges et une valorisation que la grande sĂ©rie nâatteint pas.

Les infos de la semaine

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On se retrouve le week-end prochain pour une nouvelle édition.
Fabio Dessi
Dâabord passĂ© par Volkswagen avant dâavoir créé ma propre startup dans la tech, je suis aujourdâhui responsable marketing de ProovStation, qui crĂ©e des solutions dâintelligence artificielle dĂ©diĂ©es Ă lâautomobile.
En parallĂšle, je partage chaque semaine un regard frais sur le monde de lâautomobile dâaujourdâhui via cette newsletter, et au quotidien sur LinkedIn.
Mes propos nâimpliquent que moi et ne sont rĂ©digĂ©s au nom dâaucune des sociĂ©tĂ©s citĂ©es prĂ©cĂ©demment !