🚗⚡️ BYD
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Au programme cette semaine : BYD, l’outsider chinois devenu roi de l’électrique, et un focus sur les nouveautés présentées au salon de Munich.
Temps de lecture : 10 min

BYD, l’outsider chinois devenu roi de l’électrique ⚡🇨🇳
BYD. Derrière ces trois lettres pour Build Your Dreams, se cache un constructeur chinois longtemps méconnu chez nous, mais qui fait aujourd’hui trembler l’industrie automobile mondiale.
Fondée en 1995 par Wang Chuanfu comme fabricant de batteries à Shenzhen (pour téléphones portables, petits appareils électroniques…), l’entreprise se lance dans l’auto en rachetant un petit constructeur en 2003.
Les débuts sont modestes, mais BYD croit en son rêve (et reçoit dès 2008 le soutien d’un certain Warren Buffett, qui prend 10% du capital avec 230 millions de dollars investis).
Petit à petit, la marque se fait une place en Chine avec des modèles malins à bas coûts – la berline F3 fut ainsi la première voiture 100% chinoise à truster la place de n°1 des ventes dans le pays.

Les choses s’accélèrent vraiment quand BYD mise tout sur l’électrique. Précurseur, la firme sort dès 2008 une berline hybride rechargeable (F3DM) puis un utilitaire électrique (e6) – bien avant que ce soit la mode.
Surtout, elle développe en interne ses propres batteries et technologies, ce qui lui donne une longueur d’avance. En 2022, BYD arrête purement et simplement de produire des voitures 100% essence pour se consacrer aux véhicules électrifiés (EV et hybrides rechargeables).
Résultat : ses ventes explosent de +312% en un an ! Sur le premier semestre 2022, BYD écoule ainsi près de 648 000 voitures électrifiées en Chine, soit 100 000 de plus que Tesla sur la même période.
Certes, la moitié sont des hybrides rechargeables, mais l’élan est donné. Sur l’ensemble de 2022, BYD totalise 1,86 million de voitures électrifiées vendues, devenant de loin le premier vendeur de véhicules « nouvelle énergie » au monde.
👉 Une ascension fulgurante : l’entreprise qui produisait des batteries de téléphones il y a 20 ans est désormais le constructeur automobile qui vend le plus de véhicules électrifiés au monde.
Une ascension fulgurante

En 2023, BYD a écoulé plus de 3,02 millions de véhicules électrifiés (+62%), dont 1,57 million d’EV pur (+73%). Même si Tesla a gardé une légère avance sur l’année pour les seuls électriques (1,8 million vs 1,6 pour BYD), le dernier trimestre 2023 a marqué un tournant historique : BYD a vendu 526 000 EV sur le Q4 2023, contre 484 000 pour Tesla.
En avril 2025, BYD a même dépassé Tesla pour la première fois sur un mois en Europe, avec 7 231 ventes.
Pas mal pour un constructeur encore quasi inexistant hors de Chine il y a peu ! Et la dynamique se poursuit : sur les sept premiers mois de 2025, BYD a déjà livré 2,49 millions de véhicules (+27%), dont plus de 550 000 hors de Chine.
L’arme secrète de BYD : l’intégration verticale (et subventionnée)
Comment BYD a-t-il réussi ce tour de force de devenir n°1 de l’électrique ? Une bonne part du secret tient à sa stratégie industrielle. BYD fabrique quasiment tout en interne.
Batteries, semi-conducteurs, moteurs électriques : le groupe conçoit et produit ses composants clés lui-même. Il a même sa propre flotte de cargos pour exporter ses voitures !

Cette intégration verticale lui donne un avantage de coûts et de rapidité sur ses concurrents. Par exemple, sa batterie maison « Blade Battery » – une batterie sans cobalt – équipe tous ses modèles. Elle offre un coût de production réduit et une grande sécurité (pas de risque d’incendie spontané), tout en maximisant l’autonomie.
En contrôlant ainsi la chaîne de valeur, BYD évite les pénuries de composants et fait baisser la facture, là où d’autres subissent la hausse des coûts de batteries ou de puces.
👉 Vendre plus, à moindre prix : grâce à ses coûts tirés au ras et à sa production « maison », BYD peut proposer une gamme très large de modèles électriques souvent plus abordables que la concurrence. En Chine, sa stratégie a été de maximiser les volumes en inondant le marché de voitures électriques à prix serrés, au point de dépasser Volkswagen et Toyota.
Au final, BYD gagne la course au volume et à l’échelle, aidé aussi par un contexte chinois ultra-favorable : entre 2009 et 2023, Pékin a massivement soutenu l’automobile électrique avec environ 230 milliards de dollars de subventions à l’industrie, aux infrastructures, et aux acheteurs. BYD a été l’un des principaux bénéficiaires : entre 2018 et 2022, il a touché 3,7 milliards de dollars de soutien direct, dont 2,2 milliards en 2022, soit une bouffée d’oxygène décisive pour accélérer sa montée en puissance.
Sans ce levier politique, l’ascension spectaculaire de BYD aurait sans doute pris plus de temps.
Un écosystème complet… et mondial

Autre atout de BYD : c’est un écosystème électrique complet, pas seulement une marque auto. Le groupe produit aussi bus (dont ceux de Londres), camions, monorails, panneaux solaires et batteries de stockage. Son ambition : fournir des solutions électriques pour tous les usages.
Côté automobile, BYD joue la carte multi-marques : la gamme principale (Dynasty, Ocean) couvre l’entrée et le milieu de gamme ; Denza (avec Mercedes) s’attaque au premium ; Yangwang et Fangchengbao visent le luxe et l’off-road. De la citadine à la supercar, chaque segment a sa marque.
À l’international, on fait le pari de la production locale : usines en Thaïlande, Brésil, Vietnam, Indonésie, et bientôt la Hongrie (2025). L’objectif : réduire coûts et douanes, décrocher les bonus écologiques, et accélérer son acceptation en Europe. Résultat : les ventes hors Chine ont quadruplé depuis 2022, avec plus de 550 000 voitures écoulées sur les 7 premiers mois de 2025.
Arrivée en France : BYD mise sur les distributeurs locaux
Intéressons-nous au cas de la France, car il est riche d’enseignements. BYD y a débarqué en toute fin 2022, avec un stand au Mondial de l’Auto et une promesse : contrairement à Tesla qui vend en direct, BYD allait s’appuyer sur des partenaires établis pour distribuer ses voitures.
Chose promise, chose due : dès septembre 2022, le groupe BYmyCAR est nommé distributeur pilote de BYD. Un pari osé pour BYmyCAR, qui crée une équipe dédiée et ouvre deux showrooms BYD à Paris fin 2022. La greffe prend rapidement : en 2023, fort de ce lancement en Île-de-France, BYmyCAR étend le réseau BYD à de nouvelles localisations.
Et il n’est plus le seul : face au potentiel, une dizaine d’autres grands distributeurs français ont rejoint l’aventure (Emil Frey, Maurin, Chopard, Sipa, Kroely, etc.), portant à 70 le nombre de points de vente BYD en France mi-2025. L’objectif annoncé est d’en avoir entre 100 et 120 d’ici fin 2025 – autant dire demain !

👉 Un démarrage en trombe : grâce à ce réseau express, BYD a livré 5 415 voitures en France en 2024, soit une part de marché encore modeste (0,3%) mais en croissance de +941% sur un an.
Depuis le début 2025, les ventes continuent d’accélérer (+224% sur le 1er semestre). BYD représente à lui seul 10% du volume des voitures chinoises vendues dans l’Hexagone.
Parallèlement, la production européenne en Hongrie devrait rendre certaines BYD éligibles au bonus, ce qui pourrait doper les ventes. À horizon 2026, BYD vise ni plus ni moins que 5% du marché européen de la voiture électrique. Ambitieux, mais vu la trajectoire… pas impossible.
BYD en miroir : quelles leçons pour l’automobile française ?
La trajectoire de BYD offre plusieurs enseignements utiles aux constructeurs et distributeurs européens :
- Ne pas sous-estimer les outsiders : en 5 ans, un inconnu a supplanté Tesla. La hiérarchie peut basculer très vite si on temporise trop.
- Maîtriser la chaîne de valeur : batteries, puces, logiciels… l’intégration verticale réduit les coûts et sécurise l’innovation.
- Assumer des choix radicaux : l’arrêt du thermique en 2022 a donné une avance décisive à BYD. Sans cap clair, la transition se transforme en retard.
- Valoriser le réseau : en France, BYD a misé sur BYmyCAR et autres groupes, montrant que les distributeurs restent un atout stratégique face à la vente directe, forts de leur expérience sur ces marchés à pénétrer.
- Soutien public : Pékin a injecté des milliards dans l’EV, accélérant BYD. Sans politique industrielle forte, l’Europe part avec un handicap.
🗣️ « The biggest car brand you’ve never heard of. » disait BYD. Plus pour longtemps : sa percée mondiale prouve que l’électrique rebattit toutes les cartes. Pour l’Europe, l’enjeu est clair : innover, coopérer et accélérer, ou voir les rêves chinois devenir cauchemar compétitif.
👉 La leçon finale ? L’irruption de BYD sur la scène mondiale confirme que la transition électrique rebattit toutes les cartes. Des décennies de suprématie de tel ou tel constructeur peuvent être remises en cause en quelques années par un nouvel acteur maîtrisant la technologie, les coûts et l’échelle.
BYD n’est peut-être qu’un avant-goût : d’autres constructeurs chinois (MG, Xpeng, Nio…) poussent derrière. Pour l’industrie européenne, il y a urgence à se hisser au niveau, innover et coopérer, sous peine de voir les « rêves » venus d’Orient se transformer en cauchemar compétitif. BYD nous rappelle que dans l’automobile aussi, l’audace et la rapidité peuvent faire la différence. 🚀
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Fabio Dessi
D’abord passé par Volkswagen avant de créer ma propre startup dans la tech, je suis aujourd’hui responsable marketing de ProovStation, qui développe des solutions d’intelligence artificielle pour l’automobile. En parallèle, je partage chaque semaine un regard frais sur le monde de l’auto via cette newsletter, et au quotidien sur LinkedIn.
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